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On vous recommande la 9e édition du festival Images Mouvementées d’Attac qui décrypte, du 11 au 20 novembre au cinéma La Clef (Paris), en une trentaine de films, les enjeux de "la fabrique de la peur".
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Samedi 12 novembre à 20h au cinéma La Clef (Paris) en présence du co-réalisateur, Yannick Kergoat, et d’Alain Ginest d’Acrimed.
En 1932, l’écrivain Paul Nizan publiait Les chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en véritables gardiens de l’ordre établi.
Aujourd’hui, les chiens de garde sont journalistes, éditorialistes, experts médiatiques, ouvertement devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social. Sur le mode sardonique, Les Nouveaux chiens de garde dénonce cette presse qui, se revendiquant indépendante, objective et pluraliste, se prétend contre-pouvoir démocratique. Avec force et précision, le film pointe la menace croissante d’une information produite par des grands groupes industriels du Cac40 et pervertie en marchandise.
Lorsque l’on observe l’évolution de la consommation de tranquillisants dans nos sociétés hyper-développées ou la multiplication des assurances qui peuvent être souscrites pour tout et n’importe quoi, on ne peut que constater la croissance d’une angoisse dont il semble naturel de rechercher les causes, tant les risques d’antan liés à la faim, aux aléas climatiques, au désordre, à la violence, aux épidémies, semblent plus lointains que jamais. Les progrès techniques, les avancées scientifiques et, d’une façon générale, le contrôle que l’homme exerce sur la nature et sur ses propres dérives n’ont en effet jamais été aussi grands.
Pourtant, la peur est partout, en partie alimentée par la surinformation qui nous noie, et participe de l’impuissance que nous éprouvons.
La peur de l’autre d’abord, dont on voit partout les symptômes : caméras de surveillance, fichage, politiques liberticides et répressives, discours racistes et identitaires, résidences sécurisées, ghettoïsation croissante, diabolisation de certaines religions…
Peur de la nature dont on n’accepte plus l’indiscipline, de plus en plus violente, il est vrai, en raison du mépris dont l’Homme a fait preuve à son égard : alimentation industrielle, réchauffement climatique (vagues géantes, canicules, innondations…), épuisement des ressources, vaccination contre de pseudo épidémies…
Celle de la science qui semble s’emballer et perdre le contrôle d’elle-même, et à laquelle le citoyen ordinaire croit ne plus rien pouvoir comprendre, mais dont il attend tout : pollutions de tous types, manipulations génétiques, nano-dangers, ondes électromagnétiques…
Peurs d’événements sur lesquels nous avons le sentiment de n’avoir aucune prise : déclassement social, pauvreté, terrorisme, guerres, démographie (invasions des populations du tiers monde, des produits chinois…), prolifération nucléaire, finance toute puissante…
Peurs fondamentales enfin, qui nous touchent au plus intime : solitude, vide, mort, abandon, qui reflètent une quête de sens dans un monde déboussolé qui confond abondance et bien-être.
Certaines parmi ces menaces sont délibérément exagérées, caricaturées, voire totalement inventées. Si certaines autres ont un fondement, la façon dont elles sont présentées, mises en scène, tend à nous paralyser plutôt qu’à nous faire réfléchir, réagir et agir. Quelles logiques, quels intérêts sous-tendent la vision qui nous est donnée du monde, proche ou lointain, qui nous entoure ?
En se demandant à qui profite la peur, on peut espérer distinguer les vrais dangers qui nous guettent des menaces agitées par les charlatans modernes.