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Nous faisons ça de façon professionnelle, en faisant appel à des auteurs et techniciens très qualifiés (et talentueux parfois !). La fabrication d’un film, même de façon très artisanale, même en cumulant les postes et les casquettes, nécessite l’intervention de beaucoup de gens et de beaucoup de temps de travail, étalé généralement entre un et trois ans pour un film documentaire qui sort au cinéma. Tout ça se fait dans le plaisir bien sûr, mais aussi grâce à un engagement important de notre équipe et de nos collaborateurs qui n’hésitent jamais à donner des bons coups de mains sur les projets les plus difficiles à financer. La coopérative paye les boulots techniques et administratifs autant que possible, avec les cotisations sociales qui vont avec bien sûr, ce qui constitue une partie importante du budget d’un film. Nos films sont assez peu financés publiquement, jamais commandés par la télévision et donc produits en dehors des circuits de financements habituels du documentaire. Le soutien direct des Souscripteurs Modestes et Généreux et la vente en « circuit court » est donc essentielle dans la production indépendante de ces films.
Quand le film est tourné, documenté, monté, étalonné, habillé, musicalisé, mixé, immatriculé… Il reste à le diffuser. La plupart du temps, on confie la diffusion en salles à un partenaire distributeur, souvent en co-distribution (c’est à dire que notre coopérative participe activement et financièrement à la sortie du film, mais en partie seulement et délègue la programmation et le suivi). Là encore, il faut beaucoup d’argent, pour la programmation, le tirage des copies numériques DCP, les affiches, déplacements, etc. Une partie de ces frais sont couverts par les billetteries des salles de cinéma (après répartition entre la salle, le distributeur, le producteur, et les taxes déduites) mais il faut beaucoup d’entrées payantes pour atteindre un équilibre, surtout quand on n’obtient pas d’aide publique à la distribution. Il faut donc beaucoup d’énergie bénévole de toutes parts pour compenser le déséquilibre de moyens de nos films par rapport aux gros films qui inondent les salles et les écrans publicitaires.
Editer un dvd est encore une autre branche et une autre paire de manches. Il faut régler les questions de droits, la navigation (authoring), la conception graphique des menus, la jaquette, le conditionnement, le travail nécessaire pour en faire connaître l’existence, le diffuser, etc. La vente de nos dvds sert aussi à financer une partie de la production d’autres projets car, contrairement à la production classique, nos films n’intéressent pas les chaînes de télévision et nous sommes donc privés de toute une série de financements publics qui en découlent. Le dvd est donc un élément central de notre activité (et non pas un produit dérivé parmi d’autres, comme dans l’industrie).
Sur un dvd vendu en librairie, près de 60% sont utilisés pour rétribuer à la fois le distributeur/diffuseur (celui qui fait l’intermédiaire entre l’éditeur et le libraire) et le libraire. Acheter un dvd en librairie, c’est aussi soutenir le libraire qui, parfois, en a bien besoin !
Notre politique de tarifs est soumise à la concurrence des grand groupes et des majors hollywoodiennes qui sortent des dvds au tarif de 19,90 euros avec pourtant des tirages bien plus importants que les nôtres, un circuit de diffusion et de publicité écrasant et des coûts fabrication bien moins important que pour nous... En tant que minuscule coopérative, nous arrivons tout de même à vendre des dvd moins chers que l’industrie !
Sur un double dvd qui serait vendu à 20€ directement sur notre site (avec les frais de ports), voici quelle est à peu près la répartition :
Les 20€ comprennent la TVA (20%, donc 3,33 euros), les taxes spécifiques au Dvd, les frais d’emballage et de port (entre 3 et 4 euros), les frais bancaires (Paypal, variable selon les opérations mais autour de 0,80 euros) et bien sûr le pressage du dvd et son emballage (entre 2 et 5 euros selon le dvd), flyers, catalogues... Sur la somme qui reste, il faut répartir les droits (co-éditeurs, co-producteurs, auteurs, archives, musiques…). On arrive donc à dégager un peu de marge seulement après une grande quantité vendues ou pré-vendue et parfois une aide du CNC pour certaines éditions (En 2014, pour la première fois, nous avons obtenu une aide au programme du CNC). La marge qu’on arrive à sortir sur certains DVD sert à payer une partie des boulots non payés au moment de la production (en priorité nos collaborateurs externes) puis, en cas de succès, elle est investie dans de nouveaux projets d’édition de Ddv, et en cas de gros succès, le principe de la coopérative est qu’on ne dégage pas de dividendes pour des actionnaires ! Tout l’argent va donc dans la fabrication, l’édition et la diffusion.
Voilà, vous savez tout.
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